mardi 10 mars 2009

Mes filles

Aujourd'hui, je vais parler de vous.
Comment m'est il possible de pouvoir imaginer un instant ne pouvoir me raccrocher à quelqu'un si ce n'est à vous?
Je vous ai vues, chacune de vous, arriver sur cette terre. Vous n'avez pas demandé à y venir, c'est seulement papa et votre mère qui en ont décidé ainsi.
Quel instant magique, celui où vos petites têtes ont vu le jour. Ce sont trois moments tellement forts, que l'on ne peut les oublier. Et surtout, ce sont des secondes de bonheur qui ne pourront se répéter.
Je n'ai pu, voulu garder à la maison les cassettes vidéos immortalisant à jamais toutes ces petites scènes de votre vie, de vos premiers cris à vos premiers pas, vos bêtises aussi. De toutes façons, les souvenirs sont ancrés, et il n'est besoin de les voir sur une télé. Certes, elles aident à se remémorer des instants dont on ne se souvient plus, mais les plus beaux, eux, pas la peine, ils sont éternels.
Alors parfois je me dis que la meilleure solution serait de quitter cette région afin de pouvoir me reconstruire, avec vous, mais la garde alternée serait impossible. Et il n'est pas question non plus de vivre sans vous. Alors la question serait de savoir et de vous demander ce qui me semble cruel: voulez vous rester avec papa ou avec votre mère? C'est si terrible d'imaginer cela.
Et pourtant nous en avons discuté. Mais ce serait vous rajouter encore plus de difficultés dans votre petite vie pas rose du moment. Et puis de toutes façons, les problèmes, on les emmène avec soi! Ils ne font fi de la distance.
Comment un papa peut il être aussi abject que de vouloir, pouvoir commettre ce crime de lèse majesté qu'est de vous laisser ici sans moi. C'est idiot à dire, mais rien que le fait de pouvoir vous cajoler dans vos chagrins est quelque chose de fabuleux, vous faire des bisous comme cela, n'importe quand, tout simplement parce qu'on a envie de vous embrasser très fort.
Que pouvez vous penser de votre père?

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