samedi 7 mars 2009

Des vacances pas comme les autres

Il est 14H35.
Je suis en vacances pour une semaine. Je ne sais pourquoi, mais ce mot n'a aucune valeur. Je devrais plutôt dire que j'ai sept jours seul.
Je suis donc allé voir un psy mercredi matin. Le rendez vous n'a pas duré très longtemps, car en fait il s'agissait DU premier rdv, simplement pour faire connaissance, et pour savoir ce qui m'amenait chez lui.
Excepté le fait de lui avoir dit que je venais de divorcer, que j'avais fait une TS au mois d'octobre, que je me voyais débuter les travaux de construction de l'équivalent du second tunnel sous la Manche, mais que je pensais franchement que c'était une utopie de voir un jour la lumière à l'autre bout, que ce petit mot de trois lettres n'avait plus aucun sens sur cette terre, que mes journées et mes nuits étaient devenues des calvaires, qu'en fait tout allait de travers, j'ai eu deux propositions, dont une que j'ai acceptée. Une ordonnance pour un petit flacon pour m'aider à dormir. La seconde, refusée, une hospitalisation pour me déconnecter de tout.
Je sais, me direz vous, que dans certains cas extrêmes il faut savoir pouvoir mettre de côté son ego et accepter certaines aides. Mais je fais exactement ce qu'il ne faut pas faire dans ces cas là, se replier sur soi-même.
J'ai de nouveau RDV avec lui mardi, pour parler à tête reposée de tout cela. Je ne sais pas pourquoi je vais y retourner. En tous les cas, cela fait trois nuits que je ne me suis pas réveillé à des heures pas possibles sans aucune possibilité de retrouver le sommeil.
Cela m'a permis d'arriver sans encombre jusqu'à aujourd'hui, sans faire trop paraître mon mal être aux filles.
Je voudrais que ce blog soit pour vous, mes filles, une façon de constater à quel point votre papa est mal dans sa peau.
Mais je veux surtout que vous sachiez, et je ne le répéterai jamais assez, que vous n'y êtes pour rien dans toute cette mauvaise histoire. Certes, elle est déjà écrite pour vous. Vous n'avez même pas eu votre mot à dire. La décision a été prise ainsi. Unilatéralement. Même si j'avais dit que je ne voulais pas divorcer, maman serait partie.
Il y avait une très belle histoire avant que maman ne décide de divorcer. Je me sens coupable encore une fois de n'avoir pu stopper la machine qui n'avait plus de freins.
Alors vous vous demandez sans doute pourquoi on en est arrivé à cela? Papa est un être très fragile qui demande beaucoup d'attention. Je ne suis pas égoïste, mais je voulais simplement me sentir aimé. C'est aussi pour cela que papa était, est quelqu'un de jaloux. La peur d'être quitté et de se retrouver seul. C'est certain, là j'ai encore gagné le gros lot!
Quand il était petit, papa a eu la chance d'avoir beaucoup d'attention de la part de grand mère. D'ailleurs, quand on va la voir et qu'elle m'appelle encore "mon coco", ça vous faire rire. Est ce parce que j'ai eu tellement d'amour de sa part que j'en demandais autant à votre maman? Je n'en sais rien. Au fil du temps, malgré les derniers mois qui furent très difficiles à la maison, parce que chargés de beaucoup de tension entre maman et moi, je n'ai plus réussi à me contrôler.
Je savais que je n'arriverais plus à garder votre mère auprès de nous. Et du jour où elle est partie, une partie de notre vie s'en est allée avec elle. Un maillon de la chaîne s'est brisé, et nous ne pourrons jamais le réparer.
Vous avez remarqué que papa malgré tous ses efforts, est dépassé par la situation. Je n'arrive plus à faire le distinguo entre ce qui est bien de ce qui est mal, de ce que je dois faire, dire etc...
Je me coupe de tout le monde. Restent les meilleurs amis, ceux qui prennent de vos nouvelles. Les autres n'osent peut être pas. Et je ne peux dire ma souffrance à tout le monde. Ça va une fois, mais après même si on ose pas le dire, ça gave les gens. Alors autant ne rien dire et ne pas les déranger.
Maman a la force de faire le contraire et c'est bien mieux pour vous.

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